Combien vaut un jour de congé payé, et selon quel décompte ?

Entre le solde de jours affiché sur le compteur et la somme versée sur le bulletin, la valeur d’un jour de congé payé reste difficile à saisir. Une entreprise compte en jours ouvrables, la voisine en jours ouvrés, et cette seule différence déplace les chiffres : une semaine de vacances retire cinq jours au compteur dans un cas, six dans l’autre. Le montant d’un jour change lui aussi, parce qu’il dépend de la rémunération de l’année écoulée et non du seul dernier salaire.
En bref
- Un jour de congé payé vaut, en jours ouvrables, un trentième du dixième de la rémunération brute de la période de référence, ou le salaire qui aurait été gagné ce jour-là si ce montant est plus élevé ; l’exemple de Service-Public.fr (24 000 € bruts) conduit à 80 € le jour ouvrable.
- Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète ; une fraction de jour est arrondie à l’entier supérieur.
- L’employeur peut compter en jours ouvrés, à condition que le salarié n’ait pas moins de droits qu’en jours ouvrables : 30 jours ouvrables correspondent à 25 jours ouvrés.
- La période de référence court du 1er juin au 31 mai en règle générale (du 1er avril au 31 mars pour les entreprises affiliées à une caisse de congés).
Combien vaut un jour de congé payé en euros ?
Un jour de congé payé vaut le plus élevé de deux montants : un trentième (en jours ouvrables) du dixième de la rémunération brute de la période de référence, ou le salaire que le salarié aurait perçu ce jour-là en travaillant. Le Code du travail (article L3141-24) impose de retenir le plus favorable, et Service-Public.fr (page vérifiée le 6 février 2026) illustre la règle par un cas chiffré.
Exemple annoncé comme tel, repris de cette fiche : un salarié a perçu 24 000 € bruts sur la période de référence, soit 2 000 € par mois. Le dixième représente 2 400 €, valeur d’un congé complet de 30 jours ouvrables (25 jours ouvrés). La valeur d’une journée se déduit par division.
| Décompte | Calcul | Valeur d’un jour |
|---|---|---|
| Jours ouvrables | 2 400 € ÷ 30 | 80 € |
| Jours ouvrés | 2 400 € ÷ 25 | 96 € |
Pour deux semaines de congé, les deux décomptes aboutissent au même total : 12 jours ouvrables × 80 € ou 10 jours ouvrés × 96 € donnent 960 €. La méthode du maintien de salaire, sur les heures réelles du mois, donne 952,38 € dans le même exemple : le salarié reçoit donc 960 €. Ramené à la journée, le maintien de salaire donne 95,24 € par jour ouvré (952,38 € ÷ 10), contre 96 € avec la règle du dixième : c’est ce second chiffre qui est retenu. La comparaison complète figure dans le calcul de l’indemnité de congés payés.
Faut-il compter en jours ouvrables ou en jours ouvrés ?
Le décompte légal se fait en jours ouvrables, mais l’employeur peut compter en jours ouvrés, à condition que le salarié n’ait pas moins de droits qu’avec les jours ouvrables. Les jours ouvrables sont tous les jours sauf le jour de repos hebdomadaire habituel et les jours fériés non travaillés dans l’entreprise, soit en général six par semaine ; les jours ouvrés sont ceux réellement travaillés dans l’entreprise, en général cinq par semaine.
| Décompte | Jours par semaine | Droit pour une année complète | Une semaine de congé |
|---|---|---|---|
| Jours ouvrables | 6 en général | 30 jours (2,5 par mois) | 6 jours |
| Jours ouvrés | 5 en général | 25 jours | 5 jours |
Le choix du décompte ne réduit pas le droit : 5 semaines de congé restent 5 semaines. Il change le nombre de jours inscrits au compteur, et donc la valeur unitaire de chacun, le total étant identique.
Combien de jours de congé acquiert-on par mois de travail ?
Chaque mois de travail effectif chez le même employeur ouvre droit à 2,5 jours ouvrables, soit 30 jours ouvrables pour une année complète. Si le calcul donne une fraction, elle est arrondie à l’entier supérieur : 5 mois de travail donnent 12,5 jours, arrondis à 13 jours (Service-Public.fr, page vérifiée le 30 avril 2026).
La période de référence sert à compter ces droits : elle débute le 1er juin de chaque année et se termine le 31 mai. Pour les entreprises affiliées à une caisse de congés (bâtiment, spectacles, par exemple), elle va du 1er avril au 31 mars. Un salarié entré dans l’entreprise en cours d’année acquiert donc moins de jours la première année.
Comment une semaine de congé se décompte-t-elle ?
Une semaine de congé retire en général 6 jours ouvrables ou 5 jours ouvrés du compteur, et deux semaines retirent 12 jours ouvrables ou 10 jours ouvrés, comme dans l’exemple de l’administration. Un jour férié non travaillé dans l’entreprise n’est pas un jour ouvrable, il ne s’imputera donc pas sur le solde.
Le congé principal ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables consécutifs, soit 4 semaines. La période de prise des congés s’étend du 1er mai au 31 octobre.
Comment retrouver la valeur d’un jour sur son bulletin ?
Le bulletin mentionne les dates du congé et le montant de l’indemnité correspondante : il suffit de diviser ce montant par le nombre de jours décomptés. L’indemnité est versée à la date habituelle de paie.
Le résultat se compare ensuite au dixième de la rémunération brute de la période de référence rapporté au droit annuel. Entrent dans cette rémunération le salaire de base, les heures supplémentaires, les commissions, la prime d’assiduité mensuelle et l’indemnité de congés payés de l’année précédente ; sortent la prime de fin d’année, l’intéressement et la participation. Une prime exclue explique souvent un écart entre le calcul fait à la main et le bulletin.
Exemple de contrôle : un bulletin affiche 960 € pour 12 jours ouvrables de congé, soit 80 € par jour. Ce chiffre correspond à un dixième de 24 000 € (2 400 €) divisé par 30 jours ouvrables. Si le même salarié était décompté en jours ouvrés, le bulletin devrait afficher 10 jours et 96 € par jour, pour le même total de 960 €.
Questions fréquentes
Les parents ont-ils des jours de congé en plus ?
Oui, un salarié de 21 ans et plus ayant un enfant à charge (moins de 15 ans, ou handicapé) obtient 2 jours supplémentaires par enfant, dans la limite de 30 jours ouvrables. Avant 21 ans, les 2 jours supplémentaires par enfant sont ramenés à 1 jour si le congé acquis ne dépasse pas 6 jours.
Qu’est-ce que le fractionnement des congés ?
Il faut prendre au moins 12 jours ouvrables en continu entre mai et octobre. Les jours posés hors de cette période ouvrent 1 jour supplémentaire pour 3 à 5 jours pris, et 2 jours supplémentaires pour 6 jours ou plus.
Un arrêt maladie réduit-il l’acquisition de jours ?
Oui, en cas d’arrêt pour maladie non professionnelle, les droits sont plafonnés à 2 jours par mois, soit 24 jours par an au lieu de 30 jours ouvrables.
Peut-on reporter des jours non pris ?
Sans accord ou usage dans l’entreprise, l’employeur n’est pas tenu d’accepter un report. La seule exception citée par l’administration concerne la maladie, qui ouvre une période de report de 15 mois.
Quels délais respecter pour annoncer ses dates de congé ?
La période de prise des congés est annoncée par l’employeur au moins 2 mois à l’avance, et les dates de départ propres à chaque salarié lui sont communiquées au moins 1 mois à l’avance.
Sources
Sources consultées le 31 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Direction de l’information légale et administrative, « Congés payés du salarié dans le secteur privé », Service-Public.fr, page vérifiée le 30 avril 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2258
- Direction de l’information légale et administrative, « Comment est calculée l’indemnité de congés payés du salarié ? », Service-Public.fr, page vérifiée le 6 février 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F33359
- Ministère du Travail, « Comment est calculée l’indemnité de congés payés du salarié ? », Code du travail numérique, mis à jour le 6 février 2026. https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/comment-est-calculee-lindemnite-de-conges-payes-du-salarie
- Légifrance, « Section 4 : Indemnité de congés (Articles L3141-24 à L3141-31) », Code du travail. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000006189650/
