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Le calcul du congé maternité, comment se répartissent les semaines et l’indemnité ?

Petit body de bébé plié et chaussons tricotés posés sur un siège de bureau

À quelques mois du terme, deux questions arrivent presque toujours ensemble : à quelle date cesser de travailler, et quelle somme la caisse primaire versera pendant l’absence. Le calcul du congé maternité n’obéit pas à une règle unique : le nombre de semaines suit la composition de la famille, tandis que l’indemnité suit les derniers salaires bruts. Un troisième enfant, des jumeaux ou un report de quelques semaines modifient le calendrier. Mieux vaut poser ces repères avant d’annoncer sa date de départ à l’employeur.

En bref

  • Le congé maternité d’une salariée du secteur privé dure 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant (6 avant la naissance, 10 après), 26 semaines à partir du troisième enfant, 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplés ou plus, selon Service-Public.fr (page vérifiée le 1er juin 2026).
  • L’indemnité journalière correspond à la somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25, diminuée de 21 %, et reste comprise entre 11,12 € et 104,02 € par jour en 2026.
  • Jusqu’à 3 semaines de congé prénatal peuvent être reportées après la naissance, avec l’avis favorable du professionnel de santé qui suit la grossesse.
  • Le salaire n’est pas maintenu par défaut : seule une convention collective peut prévoir une meilleure rémunération, jusqu’au maintien intégral.

Combien de semaines dure le congé maternité selon le rang de l’enfant ?

Le congé maternité d’une salariée du secteur privé dure 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant, 26 semaines à partir du troisième, 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplés ou plus. Ces durées figurent sur la fiche Service-Public.fr vérifiée le 1er juin 2026.

SituationPrénatalPostnatalTotal
1er ou 2e enfant6 semaines10 semaines16 semaines
3e enfant ou plus8 semaines18 semaines26 semaines
Jumeaux12 semaines22 semaines34 semaines
Triplés ou plus24 semaines22 semaines46 semaines

Le rang de l’enfant ne se limite pas à l’état civil. Le Code du travail (article L1225-19) retient la salariée qui assume déjà la charge d’au moins deux enfants, ou qui a déjà eu au moins deux enfants nés viables : son congé commence alors huit semaines avant la date présumée de l’accouchement et se termine dix-huit semaines après.

Le congé ne peut pas être refusé en totalité : la salariée peut renoncer à une partie des semaines, à condition de cesser de travailler au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement. Une convention collective peut prévoir une durée plus longue que la durée légale.

Peut-on décaler la répartition entre l’avant et l’après-naissance ?

Oui : jusqu’à 3 semaines de congé prénatal peuvent être reportées après l’accouchement, à la demande de la salariée et avec l’avis favorable du professionnel de santé qui suit la grossesse. La demande s’adresse à la CPAM ou à la MSA, au plus tard la veille de la date prévue de début du congé.

Ce report n’est pas définitif. Si un arrêt de travail est prescrit avant la date présumée de l’accouchement, le report est annulé et le congé se décompte à partir du premier jour de cet arrêt (article L1225-17 du Code du travail). Les autres ajustements possibles vont dans le sens inverse ou dépendent de la grossesse.

CasEffet sur le congé
Report du prénatal sur le postnatalJusqu’à 3 semaines déplacées après la naissance, avis favorable du professionnel de santé
Départ anticipé, 3e enfant ou plusPrénatal avancé de 2 semaines au maximum, postnatal réduit d’autant
Départ anticipé, naissances multiplesPrénatal avancé de 4 semaines au maximum, postnatal réduit d’autant
Grossesse pathologiqueDurée allongée de 2 semaines avant l’accouchement et de 4 semaines après
Accouchement après la date prévuePrénatal prolongé jusqu’à la date réelle, sans réduction du postnatal

Comment est calculée l’indemnité journalière du congé maternité ?

L’indemnité journalière se calcule en divisant par 91,25 la somme des trois derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt, puis en retirant un abattement forfaitaire de 21 %. Le résultat est compris entre 11,12 € et 104,02 € par jour, et la CPAM le verse tous les 14 jours (Service-Public.fr, page vérifiée le 1er juin 2026).

Chaque salaire est retenu dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale en vigueur le dernier jour du mois précédant l’arrêt : 4 005 € par mois en 2026, contre 3 925 € en 2025. Ce plafond explique le maximum journalier : trois mois à 4 005 € donnent 12 015 €, soit 131,67 € par jour avant abattement et 104,02 € après.

Exemple annoncé comme tel : une salariée dont les trois derniers salaires bruts sont de 2 000 € chacun obtient les chiffres du tableau ci-dessous. Sur la durée de 16 semaines (112 jours), l’ensemble représente environ 5 817 €.

ÉtapeCalculRésultat de l’exemple
Somme des 3 derniers salaires bruts3 × 2 000 €6 000 €
Division par 91,256 000 € ÷ 91,2565,75 € par jour
Abattement de 21 %65,75 € × 0,7951,94 € par jour
Versement tous les 14 jours51,94 € × 14727,16 €

Quelles conditions faut-il remplir pour toucher ces indemnités ?

Il faut respecter l’arrêt minimal de 8 semaines et justifier d’une activité ou d’une affiliation suffisante avant le début du congé. L’une des conditions suivantes doit être remplie :

  • 6 mois d’affiliation à la Sécurité sociale en tant que salariée ;
  • 150 heures travaillées pendant les 3 mois civils (ou les 90 jours) précédant l’arrêt ;
  • 600 heures travaillées pendant les 12 mois précédant l’arrêt ;
  • des cotisations calculées sur un salaire d’au moins 12 058,20 € sur les 6 mois précédant l’arrêt, ou d’au moins 24 989,30 € sur les 12 mois.

Pour une activité saisonnière ou discontinue, la période de référence est de 12 mois : 6 mois d’affiliation, 600 heures travaillées ou un salaire d’au moins 24 989,30 € ouvrent le droit. Une femme indemnisée par France Travail, ou qui l’a été au cours des 12 derniers mois, ou sans activité depuis moins de 12 mois, peut aussi y prétendre : la CPAM étudie la situation à partir des quatre derniers bulletins de salaire.

Le salaire est-il maintenu pendant le congé maternité ?

Non, pas par défaut : le contrat de travail est suspendu, l’employeur ne verse pas de salaire et la CPAM prend le relais avec les indemnités journalières. Certaines conventions collectives font mieux, jusqu’au maintien du salaire en totalité, ce qui se vérifie auprès du service des ressources humaines ou dans le texte applicable à l’entreprise.

Deux démarches encadrent le départ. L’employeur doit être informé par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par lettre remise contre récépissé, avec un certificat médical indiquant la date présumée de l’accouchement. La grossesse doit aussi être déclarée à la CPAM et à la Caf (ou à la MSA) dans les 14 premières semaines.

Questions fréquentes

Un employeur peut-il licencier pendant le congé maternité ?

Non, pendant la durée du congé, l’employeur ne peut pas licencier la salariée, même pour faute grave. Pendant les 10 semaines qui suivent la fin du congé (et des congés payés pris juste après), le licenciement n’est possible que pour faute grave ou pour une impossibilité de maintenir le contrat étrangère à la grossesse et à l’accouchement.

Retrouve-t-on son poste au retour ?

La salariée retrouve son précédent emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente, et elle bénéficie des augmentations générales accordées pendant son absence. Une visite auprès de la médecine du travail doit avoir lieu dans les 8 jours qui suivent la reprise.

Le congé maternité compte-t-il pour l’ancienneté ?

Oui, la durée du congé est assimilée à du temps de travail pour le calcul de l’ancienneté. Les semaines d’absence ne font donc pas reculer la salariée dans l’échelle de l’entreprise.

Peut-on démissionner pendant le congé maternité ?

Oui, la salariée peut démissionner à tout moment pendant son congé, sans avoir à respecter de préavis. Le contrat prend alors fin à la date choisie par la salariée.

Que se passe-t-il en cas de naissance prématurée ?

La durée totale du congé reste la même, mais une période supplémentaire peut s’y ajouter si l’enfant naît plus de 6 semaines avant la date prévue et doit être hospitalisé. Le calendrier précis se confirme auprès de la CPAM, car il dépend de la date réelle de naissance et de la durée d’hospitalisation.

Sources

Sources consultées le 31 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Direction de l’information légale et administrative, « Congé de maternité d’une salariée du secteur privé », Service-Public.fr, page vérifiée le 1er juin 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2265
  • Ministère du Travail, « L1225-17 », Code du travail numérique. https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1225-17
  • Ministère du Travail, « L1225-19 », Code du travail numérique. https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1225-19
  • Légifrance, « Décret n° 2021-428 du 12 avril 2021 relatif au calcul des indemnités journalières maladie et maternité », Journal officiel du 13 avril 2021. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043353163